La disparition d'un jeune héritier fortuné pourrait être le point de départ d'un polar parfaitement classique. Une famille inquiète engage un détective privé, la police locale accueille cet étranger avec méfiance et les témoins semblent tous cacher quelque chose.

Dans Yaga, les choses ne restent pas aussi simples.

Créée par Kat Sandler, cette nouvelle série canadienne transforme une enquête criminelle en récit où les mythes, les secrets d'une communauté et les relations entre hommes et femmes occupent une place centrale.

AMC+ a lancé les deux premiers épisodes aux États-Unis le vendredi 23 octobre 2026.

La saison compte huit épisodes d'environ trente minutes. Les suivants doivent arriver chaque vendredi, avant un final en deux parties prévu le 27 novembre.

La sortie américaine est confirmée par le distributeur AMC Global Media. Les premières critiques et les comptes rendus de diffusion publiés le 23 octobre corroborent l'arrivée effective des épisodes.

Une disparition au cœur d'une ville qui cache ses secrets

L'intrigue commence à Whittock, une petite ville côtière fictive dont l'économie et les rapports sociaux semblent fortement influencés par une puissante entreprise de pêche.

Henry Park, jeune héritier de cette famille influente, a disparu.

Ses proches décident de faire appel à Charlie Rapp, un détective privé interprété par Noah Reid.

L'enquêteur arrive dans un environnement où les habitants se connaissent, où les réputations circulent rapidement et où les relations personnelles compliquent la recherche de la vérité.

Il doit notamment collaborer avec Carson, policière locale jouée par Clark Backo.

Cette coopération ne s'annonce pas immédiatement harmonieuse. Rapp possède ses propres méthodes, tandis que Carson connaît le terrain et les personnes impliquées.

Leurs recherches conduisent à Katherine Hargrove, universitaire interprétée par Carrie-Anne Moss.

Spécialiste des os et des représentations du corps, Katherine entretient des relations qui alimentent les soupçons.

Les enquêteurs doivent déterminer ce qui relève des faits, des rumeurs et des jugements que la ville porte sur cette femme.

À mesure que les investigations avancent, la légende de Baba Yaga s'invite dans l'affaire.

La série ne dévoile pas immédiatement la manière dont la dimension surnaturelle se rattache à la disparition.

Ce doute fait partie de son dispositif narratif : une explication apparemment rationnelle peut-elle suffire dans un univers où certains événements semblent appartenir à un autre ordre ?

Carrie-Anne Moss incarne une universitaire difficile à cerner

Le principal personnage féminin de Yaga est Katherine Hargrove.

Carrie-Anne Moss lui donne les traits d'une universitaire charismatique dont les choix et la réputation semblent provoquer autant de fascination que de suspicion.

L'actrice reste mondialement associée à Trinity dans la saga Matrix, mais sa carrière comprend également Memento, Jessica Jones et plusieurs projets dramatiques.

Dans Yaga, Katherine n'occupe pas simplement la fonction habituelle d'une suspecte mystérieuse.

La série s'intéresse à la manière dont une femme plus âgée, indépendante et assumant ses désirs peut être perçue par son entourage.

Dans un entretien publié le 23 octobre par TV Insider, Moss explique qu'elle s'intéressait déjà à la figure de Baba Yaga avant de recevoir le scénario.

Elle relisait alors Women Who Run With the Wolves, livre de Clarissa Pinkola Estés qui utilise notamment les mythes pour réfléchir à l'expérience féminine.

Cette rencontre entre ses lectures personnelles et le projet de Kat Sandler a renforcé son intérêt pour le rôle.

L'actrice décrit Katherine comme une femme qui assume son pouvoir, son âge et son rapport au désir, au lieu de chercher à correspondre à ce qu'on attend d'elle.

La presse ayant visionné plusieurs épisodes souligne également la place que le personnage occupe dans le récit.

TheWrap voit notamment en elle une anti-héroïne dont les contradictions échappent aux catégories habituelles.

Il s'agit toutefois d'une appréciation critique fondée sur les épisodes communiqués à la presse, non d'une conclusion officielle sur l'ensemble de la saison.

Hudson Williams incarne Henry Park, au centre du mystère

Hudson Williams, connu pour son rôle dans Heated Rivalry, interprète Henry Park.

Le jeune homme appartient à une famille influente, mais sa disparition conduit progressivement les enquêteurs à découvrir un réseau de relations plus compliqué qu'il n'y paraît.

Williams joue également Logan Casey, un autre personnage présentant une ressemblance frappante avec Henry.

Cette double interprétation constitue un élément annoncé et abordé dans les publications professionnelles consacrées à la série.

Elle introduit un jeu supplémentaire autour des apparences.

Le spectateur est amené à distinguer deux personnages interprétés par le même acteur, tandis que les enquêteurs cherchent à comprendre les liens qui les unissent.

La popularité récente de Williams grâce à Heated Rivalry attire naturellement l'attention sur Yaga.

Mais le personnage d'Henry ne doit pas être confondu avec Shane Hollander, le joueur de hockey qu'il incarne dans l'autre série.

Le contexte, le comportement et les enjeux sont différents.

Les premières critiques insistent justement sur cette rupture : Yaga ne cherche pas à reproduire la dynamique romantique ayant contribué à la notoriété de l'acteur.

La série utilise plutôt son image pour introduire des personnages dont le comportement et les motivations peuvent susciter une profonde méfiance.

Noah Reid mène l'enquête avec Clark Backo

Noah Reid interprète Charlie Rapp, le détective privé engagé pour retrouver Henry.

Les spectateurs le connaissent notamment pour Schitt's Creek, série dans laquelle il incarnait Patrick Brewer.

Dans Yaga, il joue un personnage bien différent.

Rapp utilise son charme et son assurance, mais sa manière d'aborder les témoins comme ses partenaires peut devenir problématique.

Il cherche à établir des liens, tout en conservant une distance suffisante pour poursuivre ses propres objectifs.

Clark Backo incarne Carson, la policière locale amenée à travailler avec lui.

Le contraste entre les deux personnages fournit une partie de la dynamique policière.

Rapp arrive avec le regard d'un étranger. Carson possède une connaissance directe des habitants et des tensions propres à Whittock.

Le récit peut ainsi mettre en confrontation plusieurs façons de comprendre les mêmes événements.

L'enquêteur extérieur voit parfois ce que les habitants considèrent comme normal.

Mais son manque de connaissance du territoire peut aussi le conduire à interpréter certains faits de manière trompeuse.

Le mystère ne dépend donc pas seulement des indices recueillis. Il repose également sur la fiabilité de ceux qui les interprètent.

Baba Yaga, une figure beaucoup plus complexe qu'une simple sorcière

La série tire son nom d'une figure majeure du folklore slave.

Baba Yaga est généralement représentée comme une vieille femme dotée de pouvoirs extraordinaires, vivant dans la forêt et associée à une maison parfois décrite comme reposant sur des pattes de poulet.

Dans certains contes, elle représente une menace redoutable.

Dans d'autres, elle peut aider celui ou celle qui vient la consulter, à condition de respecter des règles ou de surmonter une épreuve.

Cette ambiguïté fait une partie de son intérêt.

Baba Yaga n'est pas toujours une figure maléfique au sens le plus simple du terme.

Elle peut être dangereuse, protectrice, impitoyable ou généreuse selon les récits.

Kat Sandler utilise cette complexité pour construire une œuvre qui questionne les représentations traditionnelles des femmes.

Dans Yaga, l'image de la sorcière est liée aux jugements que la société porte sur celles qui refusent de se conformer aux attentes.

Une femme autonome et inquiétante peut devenir un objet de rumeur avant même que ses actions soient réellement comprises.

La série associe cette idée au langage du thriller.

Le spectateur doit alors se demander si Katherine représente effectivement une menace, ou si les soupçons projetés sur elle disent davantage sur les autres personnages.

L'intrigue explore ce questionnement sans qu'il soit nécessaire de révéler ici les réponses apportées par les épisodes.

Une adaptation de la pièce de théâtre de Kat Sandler

Yaga ne constitue pas une création originale née directement pour la télévision.

La série adapte une pièce de Kat Sandler, qui en assure également l'écriture et la direction artistique comme showrunneuse.

L'autrice transpose ainsi son propre travail dans un format offrant des possibilités très différentes.

Sur scène, un espace limité peut devenir un élément de tension.

La télévision permet d'étendre l'histoire vers les rues d'une ville, les intérieurs de ses habitants, les paysages forestiers et les lieux de l'enquête.

Cette transformation ne consiste pas seulement à filmer une pièce avec davantage de décors.

La structure doit être adaptée à huit épisodes, avec de nouveaux développements et une progression conçue pour maintenir le mystère.

La série s'appuie sur un format court, d'environ une demi-heure par épisode.

Cette durée est relativement inhabituelle pour un thriller destiné à un public adulte, mais elle permet de faire avancer rapidement l'enquête sans imposer systématiquement des épisodes d'une heure.

David Frazee et Rachel Talalay participent à la réalisation.

La production est assurée par Blink49 Studios et Front Street Pictures, en association avec Bell Media.

Carrie-Anne Moss figure également parmi les producteurs exécutifs.

Une série canadienne acquise par AMC+ pour les États-Unis

Yaga est une production originale destinée à Crave, la plateforme canadienne.

AMC Global Media en a acquis les droits de diffusion exclusifs pour AMC+ aux États-Unis.

Cette distinction est importante pour comprendre la distribution.

Le fait qu'AMC+ dispose de la série sur le marché américain ne signifie pas automatiquement qu'elle soit disponible dans tous les pays où la marque AMC+ existe.

Sphere Abacus assure la distribution internationale.

La communication officielle consultée confirme la sortie américaine du 23 octobre, mais ne détaille pas une mise à disposition simultanée dans les territoires francophones européens.

Il faut donc éviter d'annoncer une disponibilité française sans confirmation locale.

La série avait déjà été présentée en première mondiale au Festival international du film de Toronto, le 17 septembre 2026.

Elle a ensuite bénéficié d'une présentation promotionnelle au New York Comic Con, le 9 octobre.

Ces rendez-vous ont précédé le lancement sur les plateformes.

Ils ne doivent pas être confondus avec la date à laquelle les abonnés américains ont pu regarder les épisodes.

Une musique qui renforce l'atmosphère de sorcellerie

La bande-annonce officielle de Yaga a été publiée le 25 septembre 2026.

Elle utilise une reprise de Season of the Witch, chanson de Donovan, interprétée par Alanis Morissette.

Ce choix musical fait directement écho aux références folkloriques de la série.

L'association entre cette chanson et les images de personnages inquiétants, de forêts et de relations troublantes contribue à installer une ambiance de mystère.

La bande-annonce ne promet pas uniquement une enquête criminelle traditionnelle.

Elle annonce également une œuvre où les désirs, les peurs et les représentations de la féminité semblent participer à l'intrigue.

Les premières analyses de TheWrap décrivent d'ailleurs l'emploi de reprises de chansons connues dans différentes langues slaves.

Cette approche relie l'environnement contemporain de Whittock aux références culturelles plus anciennes associées à Baba Yaga.

Le résultat cherche à donner à la série une identité sonore cohérente avec ses thèmes, plutôt que de traiter le folklore comme un simple décor.

Quand sortent les prochains épisodes de Yaga ?

Le calendrier officiel communiqué par AMC+ permet de distinguer clairement ce qui est disponible de ce qui reste prévu.

Les épisodes 1 et 2 sont sortis le 23 octobre 2026 aux États-Unis.

La diffusion doit ensuite se poursuivre chaque vendredi, avec un épisode supplémentaire les 30 octobre, 6 novembre, 13 novembre et 20 novembre.

Deux derniers épisodes sont annoncés ensemble pour le vendredi 27 novembre.

La saison compte huit épisodes au total.

Cette organisation permet de construire une progression hebdomadaire, tout en proposant dès le premier jour suffisamment de matière pour découvrir les personnages principaux et les règles de l'univers.

Au 24 octobre, il serait donc incorrect de présenter la saison complète comme déjà disponible.

La diffusion américaine a commencé, mais son dénouement est encore à venir.

Un mystère surnaturel qui veut aussi parler du pouvoir des femmes

Yaga possède les ingrédients familiers du thriller : un disparu, un détective privé, une communauté secrète et plusieurs suspects.

Mais le projet de Kat Sandler semble davantage intéressé par la manière dont les individus sont jugés que par la seule résolution d'un crime.

À travers Katherine, la série explore notamment ce que devient une femme lorsqu'elle refuse de se rendre discrète avec l'âge.

La figure de Baba Yaga permet de donner à cette interrogation une forme fantastique.

Le récit peut ainsi évoquer le désir, la peur des femmes indépendantes et les rapports de domination, tout en conservant une véritable intrigue policière.

Les premières critiques professionnelles ont souligné cette combinaison, même si leurs évaluations diffèrent sur la réussite de certains choix narratifs.

La fin de saison n'a pas encore été diffusée au public américain.

La prudence impose donc de distinguer les qualités observées dans les épisodes déjà examinés et l'appréciation de l'histoire complète.

Avec Carrie-Anne Moss, Noah Reid, Clark Backo et Hudson Williams, Yaga bénéficie en tout cas d'un ensemble de personnages dont les apparences paraissent volontairement trompeuses.

La question n'est peut-être pas seulement de savoir qui a fait disparaître Henry Park. Elle est aussi de comprendre pourquoi, à Whittock, certaines personnes semblent devenir dangereuses dès lors qu'elles refusent de correspondre au rôle qu'on leur a attribué.