La première version vient de Stallone. En septembre 2025, interrogé par The Playlist alors que I Play Rocky se préparait, il disait avoir été « choqué » d'apprendre l'existence du film et ajoutait n'avoir « rien à voir » avec lui.

Il ne demandait pourtant pas son annulation. Stallone expliquait plutôt qu'ayant vécu les événements racontés, il pensait pouvoir apporter des détails et du contexte. Au même moment, il travaillait sur ses propres mémoires, The Steps, qui reviennent notamment sur son arrivée à New York et son parcours jusqu'à Rocky.

Farrelly raconte une réunion qui change sérieusement la version

Le 15 avril 2026, Peter Farrelly a répondu directement à cette histoire dans The Discourse. Pour lui, l'affirmation selon laquelle Stallone n'aurait pas été consulté est inexacte.

Le réalisateur raconte qu'après avoir reçu le scénario de Peter Gamble, il avait posé une condition avant d'accepter le film : Stallone devait être d'accord. Le texte lui aurait donc été envoyé, puis Farrelly l'aurait rencontré au Beverly Hills Hotel à Los Angeles.

Selon Farrelly, il lui a expliqué qu'il ne réaliserait pas I Play Rocky sans son approbation. Stallone aurait répondu en substance : « Great. Do it. »

Farrelly avance ensuite sa propre explication au désaccord : Stallone aurait pu confondre le film avec le travail parallèle sur ses mémoires, ou simplement ne plus se souvenir de cet échange de la même manière. C'est son interprétation. Stallone n'a pas publiquement confirmé ce récit de la réunion.

Les deux déclarations ne se contredisent pas sur tout

Il faut séparer deux questions que le mot « impliqué » mélange facilement.

Farrelly affirme que Stallone a été consulté et a donné son accord moral au projet. Il ne dit pas que Stallone a écrit le film, produit le tournage ou supervisé Anthony Ippolito. Stallone, lorsqu'il dit n'avoir « rien à voir » avec le long métrage, peut parler précisément de cette absence de participation créative officielle.

Les crédits actuellement publiés par Amazon MGM Studios vont dans ce sens. Peter Gamble signe le scénario. Peter Farrelly réalise et produit. Toby Emmerich et Christian Baha figurent également parmi les producteurs présentés par le studio. Stallone n'est pas crédité dans cette équipe créative officielle.

En revanche, son affirmation initiale selon laquelle il aurait été pris de court est difficile à concilier avec la version très précise de Farrelly : scénario envoyé, lecture puis rencontre en personne. Les sources disponibles ne permettent pas de déterminer lequel des deux récits décrit le plus fidèlement ce qui s'est passé.

Le film doit maintenant raconter Stallone sans sa voix

C'est moins un problème juridique apparent qu'un problème éditorial pour le biopic. I Play Rocky ne couvre pas une figure historique morte depuis des décennies. Il dramatise la jeunesse d'un homme encore vivant, toujours très actif et qui publie sa propre version de cette période.

Anthony Ippolito interprète Stallone. AnnaSophia Robb joue sa première épouse Sasha Czack, Matt Dillon son père Frank Stallone Sr., Stephan James incarne Carl Weathers, P.J. Byrne joue le producteur Irwin Winkler et Toby Kebbell Robert Chartoff. Jay Duplass prend le rôle de John G. Avildsen.

Plusieurs de ces personnes ont elles aussi leurs propres souvenirs de la fabrication de Rocky. Irwin Winkler a déclaré en juillet ne pas avoir participé à la production de I Play Rocky, bien qu'il y soit représenté, puis a indiqué avoir vu le résultat et l'avoir apprécié.

La bande-annonce choisit déjà une version très nette de l'histoire

Amazon MGM vend le film comme « l'underdog story derrière l'underdog movie ». Anthony Ippolito y incarne un Stallone constamment repoussé par l'industrie, suffisamment pauvre pour que les offres visant à acheter son scénario sans lui soient considérables, mais déterminé à rester Rocky Balboa.

Cette simplification appartient évidemment au langage d'une bande-annonce. La fabrication réelle de Rocky impliquait United Artists, les producteurs Robert Chartoff et Irwin Winkler, le réalisateur John G. Avildsen et une série de compromis que deux minutes de promotion n'ont aucune raison de détailler.

Le problème particulier de I Play Rocky sera de savoir jusqu'où il transforme un souvenir devenu légende hollywoodienne en récit propre et ordonné. Stallone aura probablement quelques remarques sur la réponse.

Toronto donnera bientôt au film son premier contradicteur extérieur

Jusqu'ici, le débat oppose surtout les personnes racontées par le film et celles qui le fabriquent. Le public n'a pas encore pu vérifier ce que Farrelly a réellement mis à l'écran.

I Play Rocky fera sa première mondiale au Toronto International Film Festival le 12 septembre. Amazon MGM prévoit ensuite sa sortie américaine en novembre, autour du cinquantième anniversaire du Rocky original. Metropolitan FilmExport le distribuera en France le 23 décembre.