Ce découpage n'était pas prévu comme un simple effet de calendrier. Francisco Ramos, vice-président des contenus pour l'Amérique latine chez Netflix, explique que l'équipe a conclu pendant l'écriture et la préproduction que la fin du roman réclamait davantage d'espace. Les deux parties de la série et ce chapitre spécial constituent donc ensemble l'adaptation complète du livre de Gabriel García Márquez.
Laura Mora parle de son côté d'une seconde partie abordée presque épisode par épisode comme du cinéma. L'image, le son et la musique ont été poussés dans cette direction avec une difficulté supplémentaire : il ne s'agit plus seulement de donner une forme crédible à Macondo, mais de le regarder arriver au bout du siècle que la série raconte.
Sept épisodes avant de réserver le véritable adieu
La seconde partie a commencé le 5 août avec sept épisodes. Mora réalise Le Bras de fer, La Reine de Madagascar, Fue un once de octubre et Eran más de tres mil, tandis que Carlos Moreno signe notamment Fernanda del Carpio, Había llegado el inocente tren et Llovió cuatro años, once meses y dos días. Le Grand Final revient ensuite à Mora seule le 26 août.
Cette construction convient assez bien à une histoire qui n'a jamais avancé comme une série familiale ordinaire. Plusieurs générations utilisent les mêmes prénoms, les mêmes désirs reviennent avec des visages différents et les événements historiques finissent eux-mêmes par prendre l'allure d'un cycle. À ce stade, raconter la fin suppose surtout de faire sentir que la boucle se referme sans transformer l'arbre généalogique en exercice de révision.
Macondo découvre le progrès au moment où il commence à le détruire
Netflix décrit ces derniers chapitres comme les cinquante années encore absentes de l'adaptation. Après l'armistice, la paix ne s'installe pas vraiment. Fernanda del Carpio arrive à Macondo et rejoint la famille en épousant Aureliano Segundo. José Arcadio Segundo, lui, participe à l'ouverture du village vers le monde extérieur.
Cette ouverture prend la forme du chemin de fer. Avec lui viennent de nouveaux habitants, de nouvelles marchandises et la compagnie bananière. Le progrès qui semblait devoir sortir Macondo de son isolement commence alors à produire exactement l'inverse de la promesse initiale : exploitation, violence, oubli et décomposition du village.
Netflix ne cache d'ailleurs pas cette direction dans son matériel promotionnel. La deuxième partie est annoncée comme celle où l'expansion de Macondo laisse progressivement place à sa décadence, jusqu'à l'accomplissement de la malédiction qui accompagne les Buendía depuis le début.
Úrsula reste là pendant que les générations passent
Marleyda Soto reprend le rôle de l'Úrsula vieillissante et Claudio Cataño celui du colonel Aureliano Buendía. Autour d'eux, la seconde moitié du récit doit absorber une quantité considérable de nouveaux Buendía et de personnages liés à Macondo. Julián Román, Carla Baratta, Juanita Molina, Ángela Cano, María Adelaida Puerta et Emmanuel Restrepo figurent parmi les interprètes qui rejoignent cette dernière partie.
Pour une série qui repose autant sur la répétition des noms, la transmission devient aussi une affaire de casting. Un personnage disparaît, un autre hérite d'une maison, d'une obsession ou d'une erreur ancienne. Úrsula reste longtemps le point fixe de cette mécanique, ce qui rend son vieillissement plus important que le simple passage des années.
Une adaptation qui avait précisément besoin de temps
Le choix du quasi-long métrage pour finir possède une petite ironie historique. Gabriel García Márquez avait longtemps refusé qu'une adaptation soit enfermée dans les contraintes d'un film. Son fils Rodrigo García expliquait lors de l'annonce du projet en 2019 que son père doutait qu'un long métrage puisse donner suffisamment de temps au roman et ne souhaitait pas qu'il soit tourné dans une autre langue que l'espagnol.
Netflix a finalement construit l'adaptation autour de ces deux contraintes. La série a été tournée entièrement en Colombie et en espagnol, avec le soutien de la famille García Márquez. Dynamo assure la production, tandis que les décors de cette dernière partie ont notamment été répartis entre Magdalena, Boyacá, Cundinamarca et Tolima.
Le projet compte seize épisodes au total. Quinze peuvent désormais être regardés avant le dernier rendez-vous.
Le 26 août, il ne restera plus que les manuscrits
Le Grand Final est réalisé par Laura Mora. Netflix le présente comme un épisode spécial, pratiquement un long métrage, destiné à porter jusqu'au bout le destin des dernières générations et celui de Macondo.
Cent ans de solitude s'achèvera le 26 août sur Netflix.